118 000 poids lourds au GNV supplémentaires à l’horizon 2030

L’Ademe vient d’actualiser son scénario énergie-climat 2035-2050, qui dessine les émissions de gaz à effet de serre et les consommations énergétiques nationales à long terme, et propose de nouvelles mesures qui pourraient impacter les transports. L’agence estime que le gaz pourrait représenter 48% de la consommation énergétique finale en 2050.

L’actualisation des scénarios de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) confirme que l’on peut réduire massivement, d’ici à 2050, les émissions de gaz à effet de serre (-70% par rapport à 1990) et la consommation d’énergie finale (-45% par rapport à 2010).

Un constat pour dessiner l’avenir

L’agence s’est penchée sur l’ensemble des secteurs d’activité, y compris le transport de marchandises. Dans son argumentaire, l’Ademe est partie de la situation actuelle pour dessiner le futur de la filière. Aux horizons 2035 et 2050, les trafics devraient se stabiliser, malgré l’hypothèse d’une poursuite de la reprise économique. L’agence envisage donc des restructurations logistiques importantes et une évolution de la demande, permettant une plus grande adéquation des lieux de production et lieux de consommation.

Dans la vision de l’Ademe, cette croissance contenue du transport de marchandises est progressivement assurée par le développement du réseau ferroviaire, des voies fluviales et maritimes intérieures. Le recours à ces derniers modes devrait ainsi assurer en 2050 près d’un tiers des besoins en transport de marchandises. Les poids lourds resteront alors en dehors des villes et déposeront leurs marchandises dans des centres logistiques qui les achemineront ensuite dans les centres urbains par des véhicules légers.

Quelles énergies demain ?

Avec ces hypothèses, les évolutions des sources d’énergies pour les transports de voyageurs et de marchandises conduisent à la répartition ci-dessous. Le gaz augmentera ainsi fortement jusqu’à représenter 48% de la consommation énergétique finale en 2050.

Ademe

Des mesures complémentaires

Pour arriver à ce résultat, l’Ademe a identifié certaines mesures complémentaires qui devraient être mises en œuvre d’après elle pour que la France s’inscrive dans l’objectif de « neutralité carbone ». Pour le transport de marchandises, on retrouve notamment le basculement des flottes de bus et de poids lourds vers d’autres énergies. L’Ademe propose ainsi le maintien de l’amortissement fiscal des poids lourds au GNV/bioGNV (gaz naturel pour véhicule) et de l’avantage fiscal étendu aux bus électriques ou hybrides rechargeables jusqu’en 2030. L’écart de fiscalité existant entre le GNV et le diesel devrait être également maintenu jusqu’en 2025. En complément, l’agence propose des mesures de soutien à l’investissement pour les stations GNV. La mise en oeuvre de ces mesures devrait permettre le déploiement de 118 000 poids lourds au GNV supplémentaires à l’horizon 2030.

Autre proposition de l’agence : agir sur la planification urbaine, en développant les zones à circulation restreinte et les péages urbains. L’Ademe envisage que des Zones à Circulation Restreinte (ZCR) soient instaurées dans les 20 collectivités lauréates du prix « Villes respirables en 5 ans »1 et que les critères de ces ZCR soient révisés tous les 5 ans afin de garantir que les véhicules les plus polluants soient toujours interdits à la circulation. Autre proposition : l’instauration de péages urbains d’un montant de 10 €/jourmis en place dans les métropoles françaises qui ne font pas l’objet d’une ZCR. La mise en oeuvre de cette mesure est vue comme effective dans les 11 métropoles en question à l’horizon 2020.

 

1Les métropoles de Reims, de Strasbourg, de Bordeaux, de Grenoble, de Lyon, de Saint-Etienne, de Montpellier, de Toulouse, de Lille et de Rouen, la métropole du Grand Paris, les communautés urbaines et d’agglomération de Dunkerque, d’Annemasse, de Dijon, d’Avignon, de Cannes et de Faucigny-Glières-Bonneville.